favoriser l’insertion 4 • Daniel Tesfamikael, agent d’entretien polyvalent - Paprec Sud-Ouest 17, entreprise spécialisée dans la gestion des déchets J’aime mon travail « Je suis né en 1994 en Érythrée, sous un régime autoritaire. En 2015, j’ai décidé de partir. Après un long parcours, je suis arrivé à La Rochelle en 2020. J’y ai appris le français puis suivi une formation de 2 mois au Cipecma. En 2022, j’ai intégré Paprec Sud-Ouest 17, d’abord en intérim, avant d’être embauché en CDI en février 2025 après deux ans de montée en compétences. Aujourd’hui, j’entretiens les espaces publics, de La Pallice à Villeneuve-les-Salines jusqu’à Châtelaillon-Plage : balayage, nettoyage après les marchés, désherbage… J’aime mon travail, l’ambiance est bonne, on sait joindre sérieux et rigolade. Ici, j’ai fondé une famille et je me sens bien. Mon seul souhait : pouvoir revoir ma mère, mes frères et sœurs restés en Éthiopie. » 1 • Fabrice Sorin, responsable de centre Idverde, entreprise paysagiste Notre regard a changé « Quand les clauses d’insertion ont été introduites dans les marchés publics, on les a d’abord vécues comme une contrainte : accueillir des personnes inconnues, envoyées par des agences d’intérim spécialisées, n’avait rien d’évident. Puis, petit à petit, notre regard a changé. On s’est dit que le mieux, c’était d’intégrer ces personnes durablement, et de les former - ce pour quoi on bénéficie d’heures indemnisées. L’entreprise est parfois le dernier point de raccrochage. Aujourd’hui, certains travailleurs, éloignés de l’emploi ou en reconversion, sont devenus chefs d’équipe ou responsables de camion. Tout ne fonctionne pas toujours, ce sont des efforts pour tous et un vrai investissement humain - passer le permis, par exemple - mais ça paye ! » 3 • Frédéric Lafite, directeur Nuances Atlantic, entreprise de peinture La volonté de progresser reste la clé « Nos métiers de finition exigent précision et rigueur, parfois dans des espaces très exigus. Pour assurer un accompagnement de qualité, nous privilégions donc les chantiers d’envergure lorsque nous répondons à des marchés publics et privés. Nous formons tous ceux qui le veulent vraiment, sans distinction d’âge, de genre, de parcours ou d’origine. La volonté de progresser reste la clé. Après les 70 heures d’insertion « clausées » via l’intérim, certains poursuivent en CDD pour apprendre le métier sur le terrain. Nous accueillons aussi des apprentis, du jeune de 15 ans au jeune adulte. Un seul regret : ne pas encore compter de femmes peintres à La Rochelle, alors qu’elles sont déjà quatre à Niort… » POINT COMMUN N°136 LE MAG DE L’AGGLO DE LA ROCHELLE 13 Le Club de l’achat social et solidaire Créé en 2016 et piloté par l’Agglo, le Club réunit des donneurs d’ordres publics et privés* engagés dans des achats socialement responsables. En intégrant des clauses d’insertion dans leurs marchés, ils réservent des heures de travail à des personnes éloignées de l’emploi. L’Agglo s’appuie pour cela sur une équipe dédiée qui fait le lien entre les acteurs, aide à cibler les marchés ou définir les heures d’insertion et accompagne entreprises comme bénéficiaires pour transformer ces clauses en véritables réussites partagées. Entre 2016 et 2024, près de 1,3 million d’heures ont ainsi été réalisées (cela représente 566 salariés en 2024). * Agglomération de La Rochelle, Ville de La Rochelle, Port Atlantique, Office Public de l’Habitat de l’Agglomération, Immobilière Atlantique Aménagement, Habitat 17, Alstom, SPL Charente Maritime Développement et membres ponctuels. REPÈRES 2 • Lisa Villautreix, accompagnatrice socio-professionnelle - Envie Charente-Maritime, magasin d’électroménager d’occasion Favoriser la reprise de confiance « Chez Envie, l’insertion est dans notre ADN : on favorise le (ré)apprentissage des codes professionnels, la reprise de confiance, les immersions et les stages en entreprise en parallèle des heures travaillées. J’accompagne 18 salariés, dont trois sur le marché clausé de l’Agglo dédié aux encombrants. Chaque mois, je mène un entretien individuel avec eux pour travailler sur leur projet professionnel, développer leurs compétences, lever les freins, rechercher une formation ou un emploi stable. Orientés vers nous par Cap Emploi, la Mission locale ou France Travail entre autres, ces salariés sont en CDDI (i pour insertion) renouvelable. On avance ensemble à chaque étape. Nous sommes pour eux un tremplin vers l’emploi durable. Que du positif ! » Le Club en images
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