Point Commun n°136 - janv. > mars. 2026

Brigitte Lefèvre, nouvelle Présidente du Conseil d’administration de La Coursive POINT COMMUN N°136 LE MAG DE L’AGGLO DE LA ROCHELLE 27 Figure internationale de la danse, Brigitte Lefèvre a été élue, en octobre dernier, Présidente du Conseil d’administration de La Coursive. De « petit rat » à directrice de la danse de l’Opéra de Paris, de danseuse chorégraphe à première déléguée à la danse au ministère de la Culture, en passant par la création de la compagnie « Le Théâtre du Silence » à La Rochelle, elle s’est investie sans compter dans un art qu’elle a contribué à ouvrir et enrichir. Elle nous parle de son parcours et de son lien à La Rochelle. Texte : Maud Parnaudeau • Photo : Julien Chauvet Vous avez vécu à La Rochelle de 1974 à 1985. Qu’est-ce qui vous a conduit jusqu’ici ? « J’étais danseuse et chorégraphe au sein du corps de ballet de l’Opéra de Paris, quand nous avons décidé, avec mon ami le danseur Jacques Garnier, de partir pour fonder une compagnie de danse contemporaine à La Rochelle : « Le Théâtre du Silence ». Pourquoi aviez-vous choisi La Rochelle ? « Dominique Bruschi, l’ancien directeur de la Maison de la culture, était notre ami. Il souhaitait développer la danse à La Rochelle avec nous. Mon aventure artistique personnelle a donc débuté ici. Nous n’avions pas de lieu dédié. Nous répétions dans les locaux du Conservatoire, où les élèves s’attardaient pour nous regarder, curieux de voir des danseurs contemporains ! Nos spectacles étaient programmés à la Maison de la culture. Mais nous dansions aussi un peu partout dans le monde, à New York, Tokyo… La presse nous surnommait « les évadés de l’Opéra de Paris à vélo » ! Je donnais aussi des cours à des danseurs amateurs. Après le départ de Jean Garnier, qui avait décidé de retourner à Paris, j’ai dirigé seule la compagnie pendant cinq ans, avant de repartir moimême à Paris ». Quels principaux postes avez-vous occupés ensuite ? « Quand le ministère de la Culture a su que je quittais la direction du « Théâtre du Silence », ils m’ont proposé le poste d’inspectrice de la Danse, puis j’ai été nommée première déléguée à la danse en titre, toujours au ministère. En 1992, je suis devenue Administratrice générale de l’Opéra Garnier et, en 1995, j’ai été nommée Directrice de la danse de l’Opéra national de Paris. J’y suis restée pendant près de 20 ans ». Qu’avez-vous insufflé à l’Opéra ? « J’ai ouvert le répertoire, en inscrivant la danse contemporaine dans la programmation et en faisant venir de grands chorégraphes comme William Forsythe, Pina Bausch, Angelin Preljocaj, Sacha Waltz… J’ai eu la chance d’avoir une génération de danseurs exceptionnels. J’aimais beaucoup aussi travailler avec les techniciens, l’administration. J’ai aimé cette « grande maison » qu’est l’Opéra de Paris ». Quel rôle doit jouer une scène nationale comme La Coursive, selon vous ? « J’ai eu la chance, tout au long de ma vie, d’être nourrie par le spectacle. Je sais ce que ça apporte à titre personnel, mais aussi au collectif. Le spectacle est fédérateur. L’honneur d’une ville tient notamment à ce qu’elle propose pour nourrir l’âme de ses habitants. Une scène ouverte comme La Coursive est indispensable. Personne ne doit pouvoir dire « Le théâtre, ce n’est pas pour moi ». Il faut viser « l’élitisme pour tous », comme le disait le metteur en scène Antoine Vitez. Et comme l’a fait Véronique Chatenay-Dolto, à laquelle je succède à la présidence de La Coursive. Avec le Directeur Franck Becker, ils ont diversifié les propositions pour toucher tous les publics. Nous devons continuer en ce sens, avec le défi que représente le grand chantier de rénovation du bâtiment, qui se profile en 2027 ».

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