journal en commun - Hiver 2022 / N°2

Plus qu’une association culturelle devenue incontournable, NACEL, à Beaulieu-lès-Loches, est une « scène nationale rurale » qui a eu bien raison d’avoir les yeux plus grands que le ventre. C’est aussi ça l’art du spectacle. Dix-huit spectacles de janvier à juin et de septembre à décembre, un festival jeune public, neuf communes, quinze associations partenaires, et des abonnés… Cet inventaire à la Prévert est en quelque sorte la colonne vertébrale d’un projet associatif devenu réalité en 1998. Son nom : Nouvelles aspirations culturelles en Lochois, alias NACEL*. « Cette association de programmation de spectacles et de développement culturel du territoire est l’une des plus anciennes, indique Philippe Blondeau, son président. Elle aurait pu être portée par une commune, car certaines municipalités voulaient promouvoir des actions culturelles, ou devenir structure intercommunale, mais Loches Développement à l’époque n’a pas souhaité prendre la compétence culturelle. Finalement, c’est la formule associative qui a prévalu avec l’avantage de pouvoir aussi fédérer d’autres associations et des artistes. » Ou quand des habitants soucieux de faire vivre leur territoire s’emparent collectivement de leur destin culturel… * Loches Sud Touraine subventionne la programmation culturelle de l’association Nacel. Jeune public Car il existait un réel besoin de fédérer les villages autour d’un événement ; d’autant que le vivier d’artistes locaux est riche. Ce sera d’abord le festival jeune public Côté jardin, né de l’idée d’une enseignante, et proposé chaque hiver aux écoles, accueils de loisirs et aux familles. « Il était important d’avoir une offre à proposer au jeune public, lui évitant ainsi d’avoir à se déplacer jusqu’à Tours pour assister à un spectacle. Cela a très vite pris car nous sommes soutenus par l’Education nationale, par les parents et aussi les accueils de loisirs. » Au point d’être devenu aujourd’hui, une « signature » de l’association. Car la notoriété de Côté jardin dépasse largement les frontières communales. « Malgré la crise sanitaire, le festival a touché cette année environ 800 enfants de tous niveaux sur 7 écoles, rappelle Florine Bourdiau, chargée de développement culturel et cheville ouvrière de l’association. Au plus fort de son histoire, le festival a pu attirer jusqu’à 1 400 enfants. En y ajoutant nos autres événements, ce sont 2 500 spectateurs qui nous suivent en moyenne à l’année. » Eclectisme artistique C’est une évidence, NACEL s’est professionnalisée au fil du temps tout en veillant à garder le principe de l’itinérance et de la décentralisation des spectacles. « Nous sommes toujours fidèles à notre double démarche : mettre les artistes locaux en valeur et attirer des artistes de toute la France et d’ailleurs » , précise Philippe Blondeau. Les 18 spectacles proposés durant le reste de l’année au plus large public illustrent cet éclectisme en musique, en danse et en théâtre. « Très rapidement, NACEL a fait preuve d’une grande ouverture d’esprit qui séduit même parfois des artistes se produisant sur de grandes scènes nationales » , ajoute Florine Bourdiau. C’est aussi un lieu de médiation qui n’oublie jamais d’impliquer son public en le faisant passer de l’autre côté du miroir. Celui où l’on a les yeux qui brillent encore plus fort au contact de l’imaginaire. www . nacelculture.fr Le Café Branger a plus d’un carnaval dans son sac on les soutient ! NACEL : la culture en commun mémoire commune ÀManthelan, le café Branger est davantage qu’une institution, plus même que la Maison du Carnaval, c’est un lieu demémoire et de joie. NACEL est à la recherche de bénévoles pour aider à l'organisation et à l'accueil technique de ses spectacles tout public et de son festival jeune public. Vous êtes intéressé ? Pour plus d'infos, contactez NACEL au 02 47 92 22 26 ou par mail : nacelculture@gmail.com Florine Bourdiau et Philippe Blondeau dans les locaux de NACEL à Beaulieu-lès-Loches. Ce lieu de mémoire est celui des femmes et des hommes qui, depuis la fin du XIX ème siècle, l’ont fait trembler au rythme de leurs danses. Y pénétrer, c’est laisser derrière soi les trépidations du monde pour s’immiscer dans un univers figé et pourtant chargé de l’écho de rires, de cris et de chants ; une farandole dédiée pour toujours à l’emblématique carnaval du village de Manthelan. On imagine les musiciens - Augustin Branger dit Pipelet, propriétaire des lieux et violoneux avec son copain Théodore Fontaine, alias Cocodache au piston - installés au balcon lançant les couples dans une Polka Schottich, une Polka la Gigouillette ou un Quadrille Sans Secousse… Pour sûr, l’Union Antifoxtrottiste Manthelanaise ne plaisantait pas avec le lever de mollet. Et on y payait à la danse pour s’élancer sur le parquet. cultures partagées 20 Expressions artistiques au pluriel et arts de vivre en Sud Touraine.

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